Quand une personne âgée se laisse tomber dans son fauteuil, comme le racontent souvent ses proches, la question utile n’est pas « pourquoi ne fait-elle plus attention ? ». Pour décrire le fait de s’asseoir brusquement, il faut comprendre à quel moment le retour à la position assise devient difficile : pendant l’approche, lorsque la descente commence ou dans les derniers centimètres avant le contact avec l’assise.
Cette formule décrit un résultat, et non sa cause, ni même un choix délibéré. Ce guide vous aide à relater des épisodes déjà observés et à préparer l’échange avec ceux qui assurent le suivi de la personne. Ce n’est ni une série d’exercices ni une invitation à répéter une descente peu sûre pour voir où elle s’y prend mal.
En bref
Le retour à la position assise comporte plusieurs moments : arriver devant le fauteuil, amorcer la descente et trouver l’appui final sur l’assise. Les distinguer aide à décrire la difficulté sans l’attribuer automatiquement à la distraction, à la faiblesse ou à la maladie. La fonction releveur peut accompagner le retour à la position assise lorsque c’est approprié, mais elle ne rattrape pas une chute et ne remplace ni les appuis ni l’aide nécessaires. Une description précise est plus utile que de nombreux essais répétés.
Une descente brusque est un fait à décrire, pas un jugement
« Elle se jette dans son fauteuil » peut sembler une explication, mais cela n’éclaire pas ce que ressent la personne. Elle pourrait raconter qu’elle ne trouve pas l’accoudoir, que le coussin lui paraît plus loin que prévu ou que la difficulté commence avant même d’atteindre l’assise. Rapportez ses propos sans les transformer aussitôt en diagnostic.
Même une descente en apparence rapide mérite une description plus précise : a-t-elle changé par rapport à d’habitude ? Se produit-elle dans ce fauteuil-là, ou a-t-elle aussi été remarquée ailleurs ? Exige-t-elle une intervention imprévue ? Inutile d’organiser des comparaisons exprès ; les informations déjà disponibles suffisent.
L’INRS distingue le passage de la position debout à la position assise du mouvement inverse et renvoie à l’évaluation des capacités de la personne dans les différentes composantes de la mobilité. C’est une raison de ne pas considérer qu’un lever réussi prouve à lui seul que le retour à la position assise sera tout aussi gérable. [2]
Approche : la difficulté peut commencer avant la descente
Regardez le contexte qui précède le geste, sans déplacer les aides techniques habituelles. La personne arrive-t-elle au fauteuil comme prévu ? Quelqu’un doit-il dégager le passage au dernier moment ? Cherche-t-elle un appui qui était disponible auparavant ? La description commence ici, et non au moment où le corps touche le coussin.
Une petite table déplacée, une couverture posée sur l’accoudoir ou la télécommande tenue à la main peuvent être des informations pertinentes. À eux seuls, ces éléments ne prouvent pas que l’environnement soit en cause. Ils permettent en revanche de distinguer un espace préparé d’un espace où l’on cherche encore où poser les objets et les mains.
Notez aussi la position du fauteuil : prêt pour le retour de la personne, ou resté en position de repos ? N’improvisez pas de changements autour du fauteuil alors que la personne cherche déjà à s’asseoir. La préparation de l’assise et l’aide apportée doivent suivre les instructions et les modalités déjà convenues.
Le tableau d’ensemble des besoins des personnes âgées en perte d’autonomie concerne toute la journée. Ici, c’est un point circonscrit qui nous intéresse : ce qui se passe juste avant la descente.
Début du mouvement : repérer où le contrôle change
Le deuxième moment est l’amorce de la descente. Essayez de distinguer ce que vous voyez de ce que vous supposez : « elle hésite avant de s’abaisser » est une observation ; « elle n’a pas de force dans les jambes » est une interprétation qui demande une évaluation. La personne peut ajouter une sensation qui ne se voit pas de l’extérieur.
Observez, uniquement lors des activités déjà prévues, si les appuis restent les mêmes que d’habitude et à quel moment intervient la personne qui aide. L’aide était-elle programmée, ou devient-elle nécessaire tout à coup ? Le proche actionne-t-il la télécommande alors que la personne cherche encore sa position ? Ce sont des détails à signaler, pas des essais à reproduire.
Évitez d’appliquer de nouvelles consignes sur la position des pieds, l’inclinaison du buste ou la prise des mains, tirées d’une vidéo générique. La bonne manière de faire doit tenir compte de la personne et des éventuelles aides techniques. Un tableau rédactionnel ne peut pas établir comment accompagner physiquement ce passage.
Si plusieurs personnes participent, convenez à l’avance de qui communique et de qui gère la télécommande. Des consignes qui se superposent rendent moins compréhensible ce qui va se passer ; inutile de combler chaque hésitation par une nouvelle invitation à bouger.
Arrivée sur l’assise : le contact avec le coussin ne dit pas tout
La dernière phase est celle qui attire souvent l’attention : un contact brusque, une main qui cherche encore un soutien, une intervention soudaine du proche. Décrivez à quel moment cela se produit et demandez à la personne si elle a ressenti une douleur, de la peur ou un appui différent de celui qu’elle attendait.
Distinguez également le premier contact de l’installation qui suit. La personne retrouve-t-elle sa position assise habituelle, ou reste-t-elle très en avant et demande-t-elle à être repositionnée ? Le corps glisse-t-il une fois la personne assise, ou la descente était-elle déjà brusque avant ? Ce sont deux observations différentes, à ne pas réunir sous le seul mot « tombe ».
Ne tirez pas la personne vers l’arrière pour terminer de l’installer et ne la faites pas se relever aussitôt pour recommencer mieux. Un éventuel repositionnement suit les modalités d’aide déjà définies. Si elles ne sont pas adaptées à la nouvelle difficulté, il faut les revoir avec ceux qui assurent le suivi de la personne.
La priorité n’est pas d’obtenir une démonstration plus propre, mais de comprendre quelle partie du retour à la position assise demande de l’attention.
Trois moments, une fiche pour décrire l’épisode
Utilisez cette fiche après un épisode qui s’est déjà produit. Elle n’attribue pas de score et n’exige pas une série d’essais. Vous pouvez ne remplir que la ligne pour laquelle vous disposez d’informations fiables, en distinguant le récit de la personne de celui des personnes présentes.
| Moment | Ce qu’il faut décrire | Question à clarifier |
|---|---|---|
| Approche | Trajet, position du fauteuil, appuis recherchés et aide présente. | L’espace autour du fauteuil était-il prêt avant le retour de la personne ? |
| Début de la descente | Hésitation ou changement observé, propos de la personne, intervention prévue ou soudaine. | À quelle étape le contrôle a-t-il changé ? |
| Arrivée sur l’assise | Contact avec l’assise, gêne signalée et installation qui suit. | La difficulté s’arrête-t-elle au contact, ou se poursuit-elle une fois la personne assise ? |
Ajoutez la date, le siège utilisé et ce qui était inhabituel. Si vous n’avez pas vu le moment initial, notez-le : « je n’ai observé que l’arrivée sur l’assise » est une information plus juste qu’une reconstitution complète fondée sur des suppositions.
Un exemple à titre d’illustration : « Elle est arrivée devant le fauteuil avec l’aide habituelle ; elle a cherché l’accoudoir et le contact final a été brusque ; elle a dit qu’elle n’arrivait pas à savoir où se trouvait le coussin ». La note n’identifie pas la cause, mais elle rend la question plus précise.
Ce que peut faire le retour motorisé en position assise
Sur Sollevita, la fonction releveur peut aussi accompagner le retour à la position assise, grâce au mouvement inverse. Cette possibilité doit être évaluée en fonction de la personne et de la configuration réelle. Cela ne signifie pas que le fauteuil reconnaisse une perte d’équilibre ni qu’il aille automatiquement au-devant d’une personne en train de tomber. [1]
La question à clarifier n’est pas de savoir à quelle hauteur amener l’assise pour raccourcir n’importe quelle descente. Il faut connaître la position de départ prévue, les appuis nécessaires, qui utilise la télécommande et comment on interrompt le mouvement. Les hauteurs et les enchaînements ne se fixent pas à distance avec une règle identique pour tous.
L’élévation verticale de l’ensemble du fauteuil est une fonction différente : elle modifie la hauteur de toute la structure, tandis que la personne reste assise ou allongée. Il ne faut pas la confondre avec le mouvement de retour de la fonction releveur, et elle ne constitue pas une solution automatique à une descente non contrôlée. [1]
Une démonstration des fonctions de Sollevita pour le retour à la position assise peut clarifier la mécanique. L’essai avec la personne doit en revanche respecter les indications reçues. La stabilisation de la base et la configuration de la base sur roulettes suivent elles aussi les instructions : on ne s’assoit pas dans le fauteuil et on ne s’en relève pas tant qu’il repose sur ses roulettes. [1]
Préparer l’échange sans répéter des descentes difficiles
Apportez la fiche de l’épisode et quelques informations sur le siège actuel : la hauteur si elle figure dans les documents, la profondeur, la présence d’un coussin et la position des accoudoirs. Ne modifiez pas une surface et ne retirez pas un support prescrit pour obtenir une mesure en apparence plus simple.
Des photos du fauteuil vide et de l’espace situé devant, avec des repères clairs, sont utiles. Il n’est pas obligatoire de filmer la personne. Une éventuelle vidéo, décidée d’un commun accord, ne doit jamais passer avant l’aide à la personne, exiger un mouvement supplémentaire ni exposer des données personnelles inutiles.
L’échange devrait se conclure par une question concrète : quelle information manque encore avant l’essai ? Il peut s’agir de la façon d’apporter l’aide, d’une donnée de configuration ou de la vérification des appuis. « Il faut un fauteuil plus haut » n’est pas encore une réponse complète.
Le guide sur l’aide proportionnée lorsque l’autonomie est partielle approfondit le niveau de soutien dans les activités. Pour la descente, la demande reste précise : comprendre où une aide est nécessaire, sans la retirer pour prouver que la personne est autonome.
À qui signaler un changement et quand ne pas attendre
Une difficulté nouvelle, des épisodes répétés de quasi-chute ou une aide qui oblige à retenir le poids de la personne à l’improviste justifient d’en parler rapidement avec le professionnel de santé. La Suva relie la mobilisation aux capacités de la personne aidée, aux aides techniques appropriées et à la formation de la personne qui aide : davantage de force de la part du proche ne remplace pas cet ensemble. [3]
Signalez aussi une douleur, des étourdissements ou le fait de se sentir mal pendant le retour à la position assise. La fiche ne sert pas à établir la cause et n’oblige pas à attendre d’autres épisodes avant de demander de l’aide. En cas de malaise grave ou de danger immédiat, appelez les secours sans poursuivre l’essai.
Un mouvement motorisé inattendu, une télécommande endommagée ou un élément instable relèvent en revanche de l’assistance technique. N’attribuez pas automatiquement le problème à la personne, mais ne déduisez pas non plus une panne du seul fait qu’elle a du mal à s’asseoir.
Le médecin éclaire les questions de santé ; les professionnels de la rééducation et des soins évaluent le geste ; l’équipe Sollevita explique le produit et sa configuration. Lorsque les problèmes se recoupent, ces informations doivent être coordonnées.
Sources de référence
[1] Sollevita / La Castellana — Documentation du produit
Caractéristiques reprises de la documentation fournie à la rédaction ; le lien renvoie à la page du produit, et non à une vérification clinique.
[2] INRS — Démarche ALM : accompagner la mobilité de la personne aidée
[3] Suva — Mobilisation intelligente dans les activités de soins et d’accompagnement (en italien)
Les sources sanitaires étayent les principes évoqués ; elles ne recommandent ni ne certifient Sollevita. Les tableaux et les exemples sont élaborés par la rédaction ; il ne s’agit ni de tests cliniques ni de cas documentés.
Lors du conseil, décrivez le moment précis de la difficulté
Rassemblez ce qui se passe avant, pendant et à la fin de la descente. Partagez avec l’équipe Sollevita vos questions sur les dimensions, les appuis et la télécommande, en réservant l’échange avec les professionnels de santé aux difficultés liées au geste. Le choix devient plus concret lorsqu’il ne s’arrête pas à la phrase « elle se laisse tomber ».






